Décrivez votre parcours universitaire

       Après un Bac ES option Anglais obtenu en 2001, je suis entrée à l'Université de Nantes pour faire un DEUG puis une licence d'histoire. J'avais déjà en tête de devenir professeur des écoles mais passionnée par ces études, j'ai repoussé d'un an la préparation du concours pour faire une maîtrise d'histoire grecque sous la direction de Jérôme Wilgaux. Étudiante, je profitais des congés d'été pour faire des fouilles archéologiques sur le site gallo-romain de Chassenon, en Charente, sous la responsabilité de David Hourcade ou Cécile Doulan.
J'ai ensuite préparé le CRPE (Concours de Recrutement de Professeurs de Écoles) à l'IUFM de Nantes, devenu depuis l'ESPE et l'ai obtenu en 2006 sur le département.
J'ai fait mon année de stage en alternance entre l'IUFM et une classe de Très-Petite et Petite-Section à Nantes.

Présentez votre parcours professionnel

   Comme premier poste de titulaire, on m'a attribué en 2007 des compléments de service sur trois classes de CM différentes, toujours à Nantes. Après cette année, me voici envoyée à l'école de Soulvache, école rurale de deux classes, nommée sur le poste de direction, avec un quadruple niveau : CE1-CE2-CM1-CM2, et pas de jour de décharge pour la direction, une expérience aussi formatrice qu'effrayante au premier abord. Après deux ans dans cette école, j'ai réussi à me rapprocher de la maison en postulant sur un autre poste de direction, toujours à la campagne, à Trans-sur-Erdre, j'y suis depuis sept ans, avec une classe de CE1-CE2 ou CE2-CM1.

Je n'avais pas conscience en passant le concours qu'avant d'obtenir « le poste rêvé à Nantes », les nouveaux titulaires commencent souvent par une entrée dans le métier plus « sportive » : remplacements, compléments de services parfois sur plusieurs écoles, enseignement spécialisé (segpa, clis...), éducation prioritaire, ou direction, et souvent loin de l'agglomération nantaise. La réalité des difficultés variées rencontrées sur le terrain font parfois passer les contenus disciplinaires en second plan, il vaut mieux le savoir pour apprendre à l'accepter.

Mais quand on parvient à « se poser », une des merveilles de ce métier à mon avis est de monter des projets. On peut vraiment se faire plaisir avec l'élaboration de projets porteurs de sens, dans tous les domaines et notamment l'histoire si cela vous passionne. Le dispositif « grand patrimoine de Loire-Atlantique » du conseil général propose par exemple des visites, ateliers et ressources pédagogiques de grande qualité. La collaboration avec l'équipe est passionnante et les élèves « ont les yeux qui pétillent ».

Quelles compétences, acquises lors de votre cursus en histoire, êtes-vous amené(e) à utiliser dans votre profession ?

    Le cursus d'histoire m'a apporté des contenus historiques et de culture générale, il a nourri ma curiosité tous azimuts. Il faut garder en tête que le professeur des écoles est polyvalent et peut enseigner dans une journée l'ultimate, la construction d'un triangle, l'attribut du sujet etc. Un point commun avec le cursus d'histoire est la variété des sujets abordés. Se passionner pour la diffusion des horloges mécaniques dans les villes au XIVème siècle, les palais étrusques du VIIème siècle a.C. ou la superstition dans la Grèce antique (vrais exemples de sujets de travaux dirigés en deug et licence) est une bonne préparation à la polyvalence.

L'année de maîtrise et l'expérience sur le chantier de fouille ont été décisives dans la construction de mon identité professionnelle. Elles m'ont permis, modestement, de toucher du doigt la recherche historique et de comprendre l'importance des sources et la démarche de recherche. C'est aujourd'hui ce que j'essaie avant tout de transmettre à mes élèves, si petits qu'ils soient. L'histoire n'est pas « une histoire » parmi d'autres que l'on raconte, c'est le fruit d'une recherche permanente, d'un travail de fourmis à partir des sources et qui peut être remis en question par de nouvelles découvertes. J'essaie autant que possible de faire référence aux sources, et j'ai tout gagné quand un élève me demande « mais comment on le sait, ça ? ». L'enjeu est de taille : la formation de citoyens avec un vrai esprit critique.

Enfin, j'ai appris à l'université à travailler en autonomie de manière efficace. Dans le travail d'enseignant comme dans l'étude de l'histoire on peut se perdre dans des recherches et lectures aussi passionnantes que sans fin. Le travail de la direction d'école est colossal et s'ajoute à la préparation de la classe ainsi qu'à la correction quotidienne des cahiers, aux rencontres avec les parents, etc...Il est donc doublement nécessaire d'aller à l'essentiel.