Décrivez votre parcours universitaire

Après un baccalauréat littéraire, je me suis inscrit en licence d’histoire à l’université de Rennes 2 en 2011. J’ai appris à fouiller sur plusieurs chantiers bénévoles pendant les vacances d’été et j’ai décidé de me spécialiser en archéologie durant ma troisième année de licence. Après une première année de tâtonnements, je me suis finalement inscrit à l’université de Nantes en 2015 pour réaliser un master de recherche en archéologie des sociétés et des territoires. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler sur l’âge du Bronze dans les Pays de la Loire et que j’ai pu rencontrer toute une équipe de chercheuses et de chercheurs au sein d’un programme collectif de recherche. Et cela sans jamais m’arrêter de fouiller tous les étés dans des équipes d’archéologues bénévoles. J’ai ensuite terminé mon cursus avec un deuxième master d’archéologie, mais cette fois professionnel, toujours à l’université de Nantes.

Présentez votre parcours professionnel

Mon stage de master professionnel a été pour moi une première entrevue avec l’archéologie préventive. Mais ce sont finalement les rencontres et toute l’expérience que j’ai accumulée pendant mon master de recherche et les chantiers bénévoles qui m’ont permis de trouver du travail.
J’ai enchaîné pendant presque 3 ans des contrats de 3 semaines à 5 mois pour des entreprises privées à Nantes et Toulouse, des collectivités territoriales (Département Loire-Atlantique, Nantes Métropole) et même pour l’éducation Nationale et l’Université de Nantes.
Aujourd’hui, je suis un peu moins précaire, avec un contrat de projet de 3 ans de chargé d’étude en Préhistoire afin de renouveler l’exposition permanente d’un musée en Vendée. Bien éloigné des fouilles, je m’assure maintenant de l’actualisation et de la bonne transmission des savoirs historiques et archéologiques vers le public. Mais rassurez-vous, je reste investi dans des programmes de fouilles, toujours comme bénévole bien entendu !

En quoi consiste votre métier actuel ?

Je suis aujourd’hui chargé d’étude en Préhistoire (grade d’attaché de conservation) dans un musée géré par une collectivité territoriale. Le but est de créer un nouveau parcours pour le renouvellement du musée à partir des anciennes et des nouvelles collections archéologiques. Au quotidien, je travaille à la réalisation de synthèses sur le territoire du département en parcourant la bibliographie scientifique (articles, actes de colloque, rapports de fouille…), mais surtout en prenant connaissance des objets disponibles pour soutenir un discours pédagogique et scientifique. Je dois finalement écrire le futur scénario concernant la préhistoire, du découpage des périodes jusqu’à la mise en valeur des objets, en passant par la conception des textes, et le choix des illustrations, des maquettes, des reconstitutions, des médias et des outils pédagogiques présents dans le musée. Il s’agit d’un véritable travail d’équipe avec de nombreux échanges ! D’abord avec l’équipe des chargés d’étude coordonnée par le conservateur qui travaille sur le renouvellement du parcours, mais aussi avec les médiatrices du musée, le conseil scientifique, des archéologues, des spécialistes, des restaurateurs et restauratrices, des techniciens, des collectionneurs et bien d’autres personnes encore.

Quelles compétences, acquises lors de votre cursus en histoire de l'art et archéologie, êtes-vous amené à utiliser dans votre profession ?

Il y a deux choses qui m’animent dans mes métiers, c’est le travail d’équipe et la curiosité. J’ai eu la chance de pouvoir développer durant mon master de recherche et mes expériences bénévoles un goût pour le travail collectif. C’est fou ce que l’on peut réaliser à plusieurs ! Bien sûr, j’ai gardé une certaine rigueur et un esprit critique que j’ai en partie développé à l’université, mais je garderai en premier lieu l’esprit de collaboration que j’ai pu entretenir avec des camarades de fouilles, des professeurs et des collègues. J’ai également appris à collecter, hiérarchiser les données, construire un discours scientifique et surtout à m’intéresser au moindre petit indice archéologique. Chaque trace à première vue insignifiante peut nous amener à des réponses ou, encore mieux, à de nouvelles questions sur l’humain et son passé. Finalement, étudier une science humaine et sociale est une chance pour comprendre au quotidien nos sociétés, leurs faiblesses, leurs richesses et pour se dépasser, sortir de son cadre de pensée et s’ouvrir aux autres.