Laurence

Décrivez votre parcours universitaire

     J’ai suivi une licence en Archéologie, puis une année en Master 1 en Archéologie (spécialisation en Préhistoire et Protohistoire) à l’Université de Rennes II, où j’ai pu écrire un mémoire sur l’industrie lithique du site de Beg ar Loued, habitat daté du Néolithique final et de l’âge du Bronze ancien. J’ai continué en Master 2 professionnel en Archéologie à l’Université de Nantes où j’ai rédigé un deuxième mémoire sur l’industrie lithique du site de Beg ar Loued.

Présentez votre parcours professionnel

    J’ai d’abord eu un premier CDD avec l’INRAP en archéologie préventive. J’ai eu de nombreux contrats sur des chantiers préventifs en tant que technicienne de fouille. En tout, j'ai travaillé environ 10 mois par an (en préventif) et j’ai continué à consacrer au moins un mois aux études lithiques du chantier programmé que je suivais depuis mon master. J'ai ensuite été contactée par le bureau d'étude Éveha (organisme privé travaillant en archéologie préventive) pour un poste de responsable de secteur protohistorienne. Ce poste a évolué en tant que responsable d'opération avec l'obtention de ma première fouille.

En quoi consiste votre métier actuel ?

Ma première occupation est d'être sur le terrain à gérer des chantiers de fouille en archéologie préventive, ce qui peut m'occuper jusqu'à la moitié de l'année. Le reste du temps, je travaille au bureau, où je me consacre à la rédaction des rapports en lien avec ces chantiers.
Sur le terrain, je dois être capable de prendre en charge toutes les responsabilités induites par mon poste de responsable d'opération : gestion administrative et logistique du chantier, mise en sécurité de la fouille, liens avec l'aménageur et les services d'archéologies, gestion de l'équipe de fouille, prise de décisions sur le terrain et éventuelles responsabilités pour la médiation sur site. Je suis également responsable de la qualité scientifique de mes fouilles, de mes rapports, de mes communications et articles ainsi que de mes études lithiques.

Entre cliché et réalité, votre métier actuel correspond-t-il à l’idée que vous vous faisiez de l’archéologie ?

Les clichés, pour ce métier, sont réellement très nombreux. L'un des plus fréquents d'entre eux est que nous serions des aventuriers, envoyés par des mécènes dans des pays désertiques ou exotiques à la recherche de l'Objet en or caché dans un temple... à la Indiana Jones, Lara Croft, Benjamin Gates et autres personnages fictifs du cinéma. En tout cas, pour l'archéologie française, ici, il n'y a rien de vrai.
La réalité c'est que nous sommes, en France, des professionnels (je l'avoue parfois aventuriers...), payés par les aménageurs (principe du destructeur-payeur) pour sauvegarder des vestiges archéologiques (pas que les objets en or mais toutes les traces du passé) lors de fouilles préventives qui ont lieu sur de futurs aménagements (voirie, lotissements, usines, …). Il n'est nul besoin de s'exiler hors de nos frontières (même si nous le faisons parfois) pour découvrir des vestiges du passé. Une fois sauvegardés, notre mission est de diffuser les informations obtenues auprès de nos confrères, mais également de les transmettre au grand public afin de renseigner notre histoire sous forme de visites de sites, conférences, articles…